Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 13:49

Plus qu’un mois avant la VIIe Réunion internationale de la Marche Mondiale des Femmes !

La définition de notre Action planétaire de 2010 est le principal objectif de notre prochaine rencontre internationale, qui se réalisera en octobre, en Galice.

■ ■ ■

« Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche »

tel sera le slogan de cette septième rencontre internationale que nous sommes en train d´organiser dans le nord-ouest de la Péninsule ibérique, du 14 au 21 octobre de cette année, commémorant le 10e anniversaire de notre 1re Rencontre internationale qui s´était réalisée à Montréal du 16 au 18 octobre 1998.

Cette rencontre, comme celle d'il y a 10 ans,
cherchera à définir et à organiser la prochaine Action planétaire du mouvement.

La planification des premières actions mondiales de la Marche Mondiale des Femmes de l'an 2000 avaient commencé en 1998 avec la participation de 145 femmes de 65 pays, alors qu'en 2008, environ 150 participantes de près de 45 pays
sont pour préparer celle de 2010...

http://www.marchemondiale.org/qui_nous_sommes/fr
Par léa boom - Publié dans : LE TEMPS DES FEMMES
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 11:44

Femmes peintres

Histoire d'une longue et difficile émancipation

 

 

"Au Moyen âge les femmes jouissent d’un statut social important : elles filent et tissent, fabriquent les produits de base, pain, bière, conserves de viande, plantes médicinales qu’elles administrent aux malades.

Cependant elles sont en dehors de la vie artistique, concentrée dans les Guildes dont les règlements les exclut.

Seules quelques nonnes enluminent des manuscrits ou illustrent des codex. Dans toute l’Europe on dénombre une dizaine d’artistes femmes dont le nom est connu – et dont l’œuvre a souvent disparu.

A la Renaissance on est témoin d’une réduction de la sphère d’activité des femmes dont les métiers traditionnels sont repris par les hommes et se déplacent vers l’extérieur de la maison.

La vie artistique passe des Guildes aux Académies et aux ateliers dirigés par des Maîtres .

Les élèves qui les entourent suivent un long apprentissage : dessin, couleur, mathématiques, perspective, nu masculin, anatomie sur les cadavres etc.

Les femmes n’y ont aucun accès : elles n’ont ni le niveau d’études ni la liberté de mouvement qui seraient nécessaires.

Quelques unes d’entre elles échappent, cependant, à cette exclusion. Il s’agit tout d’abord de filles ou femmes de peintres qui, si leur père ou conjoint l’acceptent, par leur milieu familial, accèdent à un atelier. C’est le cas d’Artémisia Gentileschi ou de Lavinia Fontana qui feront toutes deux de brillantes carrières.

Des jeunes filles de familles riches aristocratiques bénéficient également d’un enseignement artistique, si leurs parents le considère nécessaire à leur accomplissement.

On les compte sur les doigts de la main. Elles doivent s’entourer d’une aura de respectabilité, de jeunesse, de chasteté ….

Leur art est limité aux portraits, autoportraits, natures mortes et sujets religieux pour lesquels le manque de modèles est un sévère handicap. Sont exclus : fresques, paysages, sculpture ou architecture…

Baldassare Castiglione définit clairement, dans Le Courtisan (1528), le champ d’action d’une femme artiste :

« …aussi longtemps qu’elle conserve une douce et délicate tendresse, un air de douceur dans chacun de ses mouvements (…) afin de paraître toujours une femme, sans aucune ressemblance avec un homme, elle est libre de s’orner des plus raffinés accomplissements recommandés aux gentilshommes… »

1648 : Louis XIV fonde L’Académie Royale et déclare « accorder sa protection aux artistes sans égard pour la différence de sexe. »

L’entrée des artistes femmes à l’Académie est, certes, un événement,
mais :

  • leur nombre est limité à quatre (simultanément)
  • elles n’ont pas accès aux classes de dessin et ne peuvent ni enseigner ni occuper de fonctions à l’Académie
  • leurs pensions sont très inférieures à celles de leurs collègues masculins

Cependant, avantage précieux, elles ont le droit d’exposer aux Salons.

Citons parmi les plus connues :

La Vénitienne Rosalba Carriera (1645-1757) : pastelliste de réputation européenne, elle est dans les années 1720 harcelée de commandes à Paris.

Elisabeth Vigée Lebrun (1755-1842) : peintre favori de Marie Antoinette.

La Berlinoise Angelica Kauffman (1755-1819) : elle fait son premier autoportrait à 13 ans. Ses œuvres s’arrachent à prix d’or.

Par ailleurs, des peintres connus comme Greuze ou Regnault ouvrent des académies privées accessibles aux femmes. L’enseignement y est limité, Mais là aussi elles ont la possibilité d’exposer. L’influence des femmes dans la société est à son apogée ( salons de Mademoiselle de Lespinasse, de Madame Geoffrin…) Le nombre de femmes artistes croît.

1789 « Blâme contre la citoyenne Lebrun : elle encourage celles qui voulaient s’occuper de peinture alors qu’elles n’auraient dû s’occuper qu’à broder les ceintures et les capes des officiers de police… » Procès verbal du Comité révolutionnaire

Olympe de Gouge rédige une Déclaration des droits de la femme:
http://www.aidh.org/Biblio/Text_fondat/FR_03.htm
(Olympe de GOUGES a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage)
(OLYMPE DE GOUGES: http://fr.wikipedia.org/wiki/Olympe_de_Gouges)

Condorcet réclame pour les femmes l’accès à l’instruction, le droit de vote, l’égalité d’autorité dans le couple.

L’Académie royale devient la Société populaire et républicaine des Arts. Un de ses premiers actes sera d’en exclure les femmes artistes. Elles sont en tout point différentes des hommes, donc elles ne doivent pas exercer les tâches qui reviennent à ceux-ci.
Ergo : "les femmes peintres sont contre nature."

Le XIX° siècle

« …que les hommes s’occupent de tout ce qui touche au grand art, de ce qui exige une conception élevée de l’idéal artistique (…), que les femmes se tiennent aux formes d’art pour lesquelles elles ont toujours marqué leur préférence : le pastel, le portrait, la miniature ou encore la peinture de fleurs, ces travaux minutieux qui conviennent si bien au rôle d’abnégation et de dévouement que toute honnête femme se réjouit de remplir ici-bas et qui est sa religion. »  Gazette des Beaux Arts 1860 « Du rang des femmes dans les arts »

Les freins sont toujours puissants, mais le féminisme est en marche avec les écrits de George Sand, les combats des suffragettes américaines. Paris est, au milieu du siècle, le centre du monde artistique.
Les artistes femmes s’organisent : petits boulots, chambres partagées, poses…
Indépendantes ou dans la mouvance des maîtres de l’Impressionnisme, elles s’appellent :

Rosa Bonheur (1822-1899), peintre animalier de réputation européenne. Détail cocasse : elle doit demander à la Préfecture de police l’autorisation de porter un costume d’homme  pour peindre sur place son chef d’œuvre le « Marché aux chevaux » (New York Metropolitan).  

Berthe Morisot, peintre, modèle et belle-sœur de Manet, Eva Gonzalès, peintre, modèle et élève de Manet, Mary Cassatt, peintre, protégée et amie de Degas, Suzanne Valadon, modèle de Renoir, Puvis de Chavanne, Manet, Marie Bracquemont, graveur, intime du groupe du bateau lavoir, Camille Claudel, sculpteur, élève de Rodin.

En 1877 s’ouvre le studio Julian seul établissement, mixte, avec le studio Colarossi (future grande Chaumière), dispensant un  enseignement sérieux et permettant aux femmes artistes de travailler avec des modèles nus.

En 1880 l’Ecole des Beaux Arts de Paris s’ouvre aux femmes, MAIS leurs classes ne sont pas mixtes, elles doivent payer leurs cours, elles n’ont droit qu’aux modèles vêtus. Elles passent des concours différents de ceux des élèves hommes.

En 1897 l’Ecole des Beaux Arts de Paris s’ouvre aux femmes sans restrictions."


"Le XXe siècle est le temps où les femmes prennent leur place dans
l'histoire de l'art… 
S'il existe des ouvrages sur l'histoire des luttes politiques et sociales des femmes, les histoires générales de l'art du XXe siècle ne les intègrent cependant que timidement,
Fréquemment dans un chapitre séparé.

Quant aux ouvrages qui traitent de l'art au féminin, souvent… ils se limitent à évoquer quelques personnalités remarquables ou prennent la forme d'un dictionnaire… »

PLUS encore:  http://www.femmespeintres.net

 

 

Par léa boom - Publié dans : LE TEMPS DES FEMMES
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