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"Au Moyen âge les femmes jouissent d’un statut social
important : elles filent et tissent, fabriquent les produits de base, pain, bière, conserves de viande, plantes médicinales qu’elles administrent aux
malades.
Cependant elles sont en dehors de la vie artistique,
concentrée dans les Guildes dont les règlements les exclut.
Seules quelques nonnes enluminent des manuscrits ou
illustrent des codex. Dans toute l’Europe on dénombre une dizaine d’artistes femmes dont le nom est connu – et dont l’œuvre a souvent disparu.
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A la Renaissance on est témoin d’une réduction de la
sphère d’activité des femmes dont les métiers traditionnels sont repris par les hommes et se déplacent vers l’extérieur de la maison.
La vie artistique passe des Guildes aux Académies et
aux ateliers dirigés par des Maîtres .
Les élèves qui les entourent suivent un long
apprentissage : dessin, couleur, mathématiques, perspective, nu masculin, anatomie sur les cadavres etc.
Les femmes n’y ont aucun accès : elles n’ont ni le niveau d’études ni la liberté de
mouvement qui seraient nécessaires.
Quelques unes d’entre elles échappent, cependant, à cette
exclusion. Il s’agit tout d’abord de filles ou femmes de peintres qui, si leur père ou conjoint l’acceptent, par leur milieu familial, accèdent à un atelier. C’est le cas
d’Artémisia Gentileschi ou de Lavinia Fontana qui feront toutes deux de brillantes carrières.
Des jeunes filles de familles riches
aristocratiques bénéficient également d’un enseignement artistique, si leurs parents le considère nécessaire à leur accomplissement.
On les compte sur les doigts de la main. Elles doivent
s’entourer d’une aura de respectabilité, de jeunesse, de chasteté ….
Leur art est limité aux portraits, autoportraits, natures
mortes et sujets religieux pour lesquels le manque de modèles est un sévère handicap. Sont exclus : fresques, paysages, sculpture ou architecture…
Baldassare Castiglione définit clairement, dans Le
Courtisan (1528), le champ d’action d’une femme artiste :
« …aussi longtemps qu’elle conserve une douce et
délicate tendresse, un air de douceur dans chacun de ses mouvements (…) afin de paraître toujours une femme, sans aucune ressemblance avec un homme, elle est libre de
s’orner des plus raffinés accomplissements recommandés aux gentilshommes… »
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1648 : Louis XIV fonde L’Académie Royale et déclare
« accorder sa protection aux artistes sans égard pour la différence de sexe. »
L’entrée des artistes femmes à l’Académie est, certes, un
événement,
mais :
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leur nombre est limité à quatre
(simultanément)
-
elles n’ont pas accès aux classes de dessin et ne peuvent
ni enseigner ni occuper de fonctions à l’Académie
-
leurs pensions sont très inférieures à celles de leurs
collègues masculins
Cependant, avantage précieux, elles ont le droit d’exposer
aux Salons.
Citons parmi les plus
connues :
La Vénitienne Rosalba Carriera (1645-1757) :
pastelliste de réputation européenne, elle est dans les années 1720 harcelée de commandes à Paris.
Elisabeth Vigée Lebrun (1755-1842) : peintre favori de Marie
Antoinette.
La Berlinoise Angelica Kauffman (1755-1819) :
elle fait son premier autoportrait à 13 ans. Ses œuvres s’arrachent à prix d’or.
Par ailleurs, des peintres connus comme Greuze ou Regnault
ouvrent des académies privées accessibles aux femmes. L’enseignement y est limité, Mais là aussi elles ont la possibilité d’exposer. L’influence des femmes dans la société est à son
apogée ( salons de Mademoiselle de Lespinasse, de Madame Geoffrin…) Le nombre de femmes artistes croît.
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Le XIX° siècle
« …que les hommes s’occupent de tout ce qui touche au
grand art, de ce qui exige une conception élevée de l’idéal artistique (…), que les femmes se tiennent aux formes d’art pour lesquelles elles ont toujours marqué leur préférence :
le pastel, le portrait, la miniature ou encore la peinture de fleurs, ces travaux minutieux qui conviennent si bien au rôle d’abnégation et de dévouement que toute honnête femme se
réjouit de remplir ici-bas et qui est sa religion. » Gazette des
Beaux Arts 1860 « Du rang des femmes dans les arts »
Les freins sont toujours puissants, mais le féminisme est en
marche avec les écrits de George Sand, les combats des suffragettes américaines. Paris est, au milieu du siècle, le centre du monde artistique.
Les artistes femmes s’organisent : petits boulots, chambres partagées, poses…
Indépendantes ou dans la mouvance des maîtres de l’Impressionnisme, elles s’appellent :
Rosa Bonheur (1822-1899), peintre animalier de réputation européenne.
Détail cocasse : elle doit demander à la Préfecture de police l’autorisation de porter un costume d’homme pour peindre
sur place son chef d’œuvre le « Marché aux chevaux » (New York Metropolitan).
Berthe Morisot, peintre, modèle et belle-sœur de Manet, Eva
Gonzalès, peintre, modèle et élève de Manet, Mary Cassatt, peintre, protégée et amie de Degas, Suzanne Valadon, modèle de Renoir, Puvis de Chavanne, Manet, Marie
Bracquemont, graveur, intime du groupe du bateau lavoir, Camille Claudel, sculpteur, élève de Rodin.
En 1877 s’ouvre le studio Julian seul
établissement, mixte, avec le studio Colarossi (future grande Chaumière), dispensant un enseignement sérieux et permettant aux femmes artistes de travailler avec des modèles
nus.
En 1880 l’Ecole des Beaux Arts de Paris s’ouvre aux
femmes, MAIS leurs classes ne sont pas mixtes, elles doivent payer leurs cours, elles n’ont droit qu’aux modèles vêtus. Elles passent des concours différents de ceux des élèves
hommes.
En
1897 l’Ecole des Beaux Arts de Paris s’ouvre aux femmes sans restrictions."
"Le XXe siècle est le
temps où les femmes prennent leur place dans
l'histoire de l'art… S'il existe des
ouvrages sur l'histoire des luttes politiques et sociales des femmes, les histoires générales de l'art du XXe siècle ne les intègrent cependant que timidement,
Fréquemment dans un chapitre séparé.
Quant aux ouvrages qui traitent de l'art au féminin, souvent… ils se limitent à évoquer quelques personnalités remarquables ou prennent la forme d'un
dictionnaire… »
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